ROÉ

ROCKUMBERO

MON PÈRE EST LÀ SANS ÊTRE LÀ

Nous habitons près de la mer
Six enfants qui lui sommes chers
Sans un mot il boit son café
Sans un mot il part travailler

J’ai huit ans et depuis des mois
Il ne me prend plus dans ses bras
Lui, mon sosie si différent
Demain je partirai longtemps

Mon père est là sans être là, pourquoi ? je ne le comprends pas
La vie est un si court poème on ne dit jamais assez je t'aime

Ne vote jamais pour le capital !
Trois mots sur les matchs de football
C’est peu de choses qu’il me dit
Que faire pour le rendre fier ?

Simple passant qui indiffère
La foule qui croise son mystère
J’aurais aimé faire aujourd’hui
Un bout du chemin près de lui

Mon père est là sans être là, pourquoi ? je ne le comprends pas
La vie est un si court poème on ne dit jamais assez je t'aime

Sale maladie la misère
Adieu la paix avec ma mère
Nos yeux se frôlent et j’ai envie
De me serrer tout contre lui

Sent-il comme moi cette colère
Envers la pudeur qui fait taire ?
On reste assis là sans rien faire
Oui je suis bien fils de mon père

Mon père est là sans être là, pourquoi ? je ne le comprends pas
La vie est un si court poème on ne dit jamais assez je t'aime

Maintenant mon père n’est plus là, je dis à mes enfants tout bas
La vie est un si court poème, on ne dit jamais assez ...

UNE

Une, mon une et seule une
On s'aime sous les lunes de tous les multivers
Une, nous avons partagé et l’amer et le doux
Ton âme est peu commune

Une, quand l’hiver l’âtre fume
Nous on se tourterelle, se serre sans cautèle
Une, reposoir voluptueux
Dans l’ombre et la torpeur, j’aime écouter ton cœur

Loin du mal de l’heure, loin des grands espoirs
Du fracas des mémoires, notre maison respire

Une, tu as mis ta robe prune
J’aime son échancrure, tu es belle comme aucune
Une, mon une et tendre une
Nul ne peux dénombrer tous les feux que tu allumes

Une, mon une et folle une
Tu enfièvres ma plume, tu es vraiment quelqu’une
Une, le temps parait plus court
Tout est deux fois moins lourd, tu aimes comme aucune

Loin du mal de l’heure, loin des grands espoirs
Du fracas des mémoires, notre maison respire

Une, au creux de notre nid
La solitude à deux toujours est opportune
Une, tu étayes le ciel pour remonter les nuages
La laideur se consume

Loin du mal de l’heure, loin des grands espoirs
Du fracas des mémoires, notre maison respire

MA SŒUR PRÉSIDENTE

Bonsoir petite sœur, c'est bon de te revoir
D'entendre encore ce rire, si clair, si fort
Cette mélodie que j'adore
Je retombe en enfance, tu prenais soin de moi
Malgré mes turbulences, sans désaveu
Sans jamais penser à ton bien
Les ans et la distance n’y changent rien
Nous sommes comme les deux mains

Je veux ma sœur pour présidente !
Je veux ma sœur la bienveillante
Je veux ma sœur l'indépendante
Elle n'est pas guidée par le flouze
Elle ne pense qu'au bien de nous tous
Je veux ma sœur pour présidente

Rassérénante clone, miroir qui embellit
Je reconnais en toi tant d'expressions
Où je retrouve mère et père
Dans nos sangs parallèles
L’identique pour cent
D'un siamois ADN garde vivants
Nos aïeux au fond de nos veines
De tous tu es le lien, bel être humain
Nous sommes comme les deux mains

Je veux ma sœur pour présidente !
Je veux ma sœur la bienveillante
Je veux ma sœur l'indépendante
Elle n'est pas guidée par le flouze
Elle ne pense qu'au bien de nous tous
Je veux ma sœur pour présidente

Bienvenue à Paris. Dis, est ce que tu as faim ?
Comment va ton chéri ? On vit trop loin
Bon Dieu mais qu’est-ce que t’es jolie !
Berceuses et jouets nous avons partagé
Nous étions le printemps, le soir souvent
On soupait de pain et de lait
Je te confierais ma vie, sans hésiter
Nous sommes comme les deux mains

Je veux ma sœur pour présidente !
Je veux ma sœur la bienveillante, l'intelligente, l'indépendante !
Elle est équitable, elle est responsable et toujours serviable, elle est courageuse.
Elle est compétente et coopérante et persévérante et très résistante.
Elle est rassembleuse, elle est respectueuse
Je veux ma sœur pour présidente !

APOTHEOSE DE L’EMPOTE

Je danse, boulet sur tabouret
Je remue les hanches comme si je savais
Je danse, au loin de la lumière
À l'ombre des regards qui déconsidèrent
Je danse, mais ma chérie me prie
« Pour moi déverrouille ta chorophobie »

Je danse parce que la vie est courte
Je déplace ma carcasse bien trop lourde
Je danse, sans pleins et sans déliés
Sans savoir bien où je mets les pieds

Apothéose de l’empoté
Je danse mal mais je le fais
Pour que mon âme devienne légère
Pour que le plaisir touche terre

Je danse, je laisse parler mon corps,
Chaque pas est une phrase qui prend son essor
Je danse, je n’ai pas tout l'alphabet
Bon courage pour me dé-hiéroglypher

Je danse, baigné dans la musique
Même quand la symphonie est pathétique
Je danse avec des arabesques
Une géométrie hurluberluesque

Apothéose de l’empoté
Je danse mal mais je le fais
Pour que mon âme devienne légère
Pour que le plaisir touche terre

Je danse, on dirait que je progresse
Le verre à la main, vois, je tournoie les fesses
Je danse et ça fait mal aux cuisses
Quand je fais le serpentin qui se dévisse

Je danse, mon cœur est en mouvement
Je me laisse porter comme je l'entends
Je danse, deux pieds de poésie
Une improvisée chinoiserie

Apothéose de l’empoté
Je danse mal mais je le fais
Pour que mon âme devienne légère
Pour que le plaisir touche terre

VIVONS A MORT

A nouveau jour, nouveau défi de rester en haut de ta vie
Non le passé n’existe pas, non le futur n’existe pas
Ma bien aimée, es-tu bien aimée ? Ma lumière, ma bonne fée
Mon cœur sous le ciel de porphyre brûle de te revoir sourire

Vivons à mort, mon bel amor
Comme deux bolides, deux météores
Que chaque instant soit le plus fort
Avant que le temps le dévore

À l'ombre des grands cimetières il n'y a pas de propriétaires
Trop courtes sont les existences pour attendre la providence
Cœur contre cœur, corps contre corps comme deux éternels chercheurs d'or
Que chaque jour soit une danse, que l'amour enflamme les sens.

Vivons à mort, mon bel amor
Comme deux bolides, deux météores
Que chaque instant soit le plus fort
Avant que le temps le dévore

Après tout, un jour ce sera la nuit et plus j'y pense et plus ça m'incendie
Mais je sais que qui s'angoisse sévère surtout persévère à perdre ses rêves

Non, je n'ai pas vu venir l’âge, l’air est moins empli de voyages,
Aucun demain ne rendra hier, aucun matin n'est ordinaire
Merci pour tout ce grand beau temps, merci pour tous ces beaux présents
Je re-murmure vers les nuages le bonheur de ton apanage

Vivons à mort, mon bel amor
Comme deux bolides, deux météores
Que chaque instant soit le plus fort
Avant que le temps le dévore

BELLE FILLE EST SALOMÉ

Belle fille est Salomé, j’ai vécu à ses côtés la douceur même
On s’est vite apprivoisés, elle devint primauté dans ma bohème
Sans un bruit j’ai escorté sa forte fragilité et je crois qu'elle m'aime
Peu m'importent ceux qui disent qu’elle n’a pas mon sang
Elle est mon enfant

Belle fille est Salomé, un infâme a profané sa douceur même
Aujourd’hui c’est du passé, un homme au cœur élevé jure qu'il l'aime
Pour lui elle s’est dévoilée, deux enfants sont leurs portraits, la douceur même
Peu m'importent ceux qui disent qu’ils n'ont pas mon sang
Ils sont mes enfants

Et même si son chemin loin l'entraîne
Si par malheur la déveine se déchaîne
Aujourd'hui comme hier, demain, toujours
Elle le sait, je serai là

Belle fille est Salomé le temps n’a rien altéré à sa douceur même
Elle a toujours ce sourire qui donne espoir que l'avenir sera plus amène
Belle fille est Salomé, ma princesse ensoleillée et je crois qu'elle m'aime
Peu m'importent ceux qui disent qu’elle n’a pas mon sang
Elle est mon enfant

J’aime quand elle est là tout simplement, tout comme avant
Qu’il en soit ainsi très longtemps dans la douceur même

MON SOLEIL SE LEVE

Mon soleil se lève, as-tu bien dormi ?
Baiser signature, tes yeux me sourient sous ta rebelle chevelure
Qu'avons-nous prévu ma brune fortune ?
Moi veiller sur toi, toi veiller sur moi, quel que soit le calendrier

Mon soleil se lève, la nuit est vaincue
Je t’ai retrouvée, le monde qui naît dissout mes rêves inquiets
Si tu veux de moi demain encore, je ne voudrai pour sort
Qu'être auprès de toi comme au premier jour de notre éternité.

Si brusquement venait la fin du monde
Je voudrais juste être là près de toi sans rien dire
Juste un dernier sourire

Mon soleil se lève toujours en beauté
Tes mots sont sucrés, je me sens plus grand et même un peu élégant
Encore étonné à te regarder
Comme si du seul fait d’être à tes cotés je pouvais te ressembler.

Mon soleil se lève, tout paraît plus clair
À chaque seconde, tu es mon repère, centre de ma gravité
Mon soleil se lève, merci de toi, ma forteresse de rêves
D’être qui tu es et pour tout le mal qu'on ne s'est jamais fait.

COMME DEUX FRÈRES

Assis là dans l’escalier
Comme si rien ne s'était passé
Je te regarde fumer, t’as pas arrêté

Où étions-nous donc passés ?
Qu'est ce qui a si longtemps différé
Que nos chemins se croisent
Beaucoup plus souvent ?

Je rêve de distance abolie, de facéties
Sous le soleil ou sous la pluie
Juste être là
Juste conjuguer le présent
Comme deux frères

Bien sûr nos traits ont vieilli
Et tu vois moi, en plus j’ai bien pris
Nos enfants ont grandi… bien heureusement !

Bien sûr que nous aurions pu
Évidemment que nous aurions dû
On ne s'est plus cherché
On ne s'est plus trouvé

Je rêve de distance abolie, de facéties
Sous le soleil ou sous la pluie
Juste être là
Juste conjuguer le présent
Comme deux frères

Le futur t'appelle ailleurs
Tu repars déjà dans quelques heures
Nous nous voyons peut-être
Pour la dernière fois

Je ne sais pas bien parler de ça
Mais j'aime mieux la vie quand tu es là
Que nos chemins se croisent
Beaucoup plus souvent

Je rêve de distance abolie, de facéties
Sous le soleil ou sous la pluie
Juste être là
Juste conjuguer le présent
Comme deux frères

YO NO SÉ

J’ai ce soir besoin de croire que mon existence a un sens
Mille questions à l’avenir montent vers l’éternel mystère
Sommes-nous fruits d'un projet ou miraculeux accident ?
Toute vie vaut elle la mienne, d’où qu'elle vienne, même non humaine ?

Yo no sé

Dire Vie en lieu de Dieu, ça me séduit, qu'est-ce que tu en dis ?
Dans ma nuit ça rassérène mon âme en quête de lumière
Qui a conçu le concepteur ? Sommes-nous seuls dans l’univers ?
Chacun des mots que j’écris est-il mien ou est-il dicté ?

Yo no sé

Est-ce normal d'être mal ? Est-ce la norme d'être en forme ?
Comment pourrais je aller vraiment bien autour de moi trop sont dans le besoin ?

Dire Dieu en lieu de Vie, ça me séduit, qu’est ce que tu en dis?
Pourquoi sommes nous sur terre ? Pourquoi Diable la misère ?
Tout change sans cesse et sans fin, peut-on infléchir le destin ?
L’atome vient-il des étoiles ? Où vont les âmes quand on les rend

Yo no sé

DOUBLE PEINE

Dis frère, que faire pour te tirer d'enfer ?
Tu dis ne plus vouloir que t'abstraire
Pour t'aider je ne sais que faire

Dis frère, que faire pour laver ton chagrin ?
Tu n'as même pas une prière, ni rien
Juste l'eau propre de tes larmes

Rien n’est plus banal qu’un adieu
Rien ne fait plus mal qu’un adieu
Et j'ai peur pour toi que l'absence sème
Une plaie dans tes veines, une double peine

Dis frère, ne te laisse pas tarantuler
Tu es sûr que tu ne veux rien manger ?
Ferme un peu ces yeux épuisés...

Dis frère, je peux me taire si tu en as envie
Ou on peut parler d'elle toute la nuit
On peut pleurer ensemble aussi...

Rien n’est plus banal qu’un adieu
Rien ne fait plus mal qu’un adieu
Et j'ai peur pour toi que l'absence sème
Une plaie dans tes veines, une double peine

Pense à toi, garde-toi de toi, n'ajoute pas
N’attends pas, pense à toi, te retourne pas, garde toi
Dis frère, une heure, un jour, une nuit à la fois
Éloigne cet incendie de toi, traverse cet exil de toi

Dis frère, un jour le manque mordra moins fort
Tu pourras presque en paix la revoir sourire au clair de ta mémoire

Rien n’est plus banal qu’un adieu
Rien ne fait plus mal qu’un adieu
Et j'ai peur pour toi que l'absence sème
Une plaie dans tes veines, une double peine

ROCKUMBERO

Rockumbero ouvre les yeux,
Tout est nouveau, tout commence
Rockumbero il est six heures
Romps le silence en douceur

Tu as rêvé comme un enfant
Que le monde autour est bienveillant
Rockumbero ouvre les yeux,
Tout est nouveau, tout commence

(Instrumental)

Passe sous l’eau, café bien chaud
Prends l’express qui te mène au studio
Rockumbero il est sept heures
Tout est nouveau, tout commence